films


Vidéo de présentation réalisée par Julie Clément


Voici une vidéo claire et concise sur la catastrophe de Tchernobyl en elle même mais aussi l'intérêt primordial de l'association ETB et celui de BELRAD

Visionnable sur Youtube sur la chaine officielle ETB

https://www.youtube.com/watch?v=ynIu4W5SSmk


30° anniversaire de BELRAD

Cette année voir le trentième anniversaire de la création de l'Institut BELRAD. À cette occasion, est prévue au Belarus, une célébration sur deux jours au centre de réhabilitation Nadezhda situé à 80 km au nord de Minsk. Voici, en provenance de BELRAD un premier jet d'une vidéo décrivant les activités de l'Institut.

Voir le film


Bande Annonce Le monde d'après



Présentation du film “Tchernobyl, le monde d'après”, produit par Enfants de Tchernobyl Belarus.

Voir le film


Valery Legassov

Premier témoignage audio de Valery Legassov, mis en images d'époque.

Voir le film


Mururoa, mon amour

Ce film traite des essais nucléaires français dans l'atoll de Mururoa et de quelques unes de leurs conséquences.

Voir le film


Survivre à la Pollution Atomique

Un film de vulgarisation sur la pollution par les radionucléides et la manière d’en diminuer les effets sur l’organisme lorsqu’on vit en zone contaminée.

Le DVD de ce film est en vente dans notre boutique.


BELRAD 2015

Un court documentaire basé sur le séjour de Ramona et Michel Hugot au Belarus, aux côtés de quelques membres de BELRAD. Le DVD associant ce film avec “Hommage à Vassily Nesterenko” est en vente dans notre boutique.


It Has Been

Compilation de 5 petits films de propagande à la gloire de l'URSS et de ses peuples victorieux de la bataille de Tchernobyl.

Voir le film

;#;IT HAS BEEN …

Scénario : A. Rudkovsky 1)
Metteur en scène : V. Kirsanov 1)
Montage et compléments : Yves Lenoir 2)
Réalisation des sous-titres : Michel Hugot 2)
;#;

  1. Chernobylinterinform
  2. Enfants de Tchernobyl Belarus
D'où viennent ces images ?

Ce petit film de quinze minutes est constitué de larges extraits de cinq courtes séquences retenues parmi sept enregistrées sur un DVD trouvé par le photographe Alain-Gilles Bastide sur le bureau du Directeur du Ministère de Tchernobyl. Mises à part quelques imagess bien connues, l'ensemble en tant que tel est inédit dans notre pays.

Les titres de ces sept séquences :

  • It Has Been
  • Stalkers
  • They Saved the World
  • Eternal Memory
  • Goodbye Home
  • The Dead Town
  • ho Said

Il s'agit de films de propagande à la gloire de l'URSS et de ses peuples sortis victorieux de la bataille de Tchernobyl. Chacun d'entre eux est un montage constitué d'images prises sur le vif et de scènes reconstituées, voire venant d'ailleurs — des emprunts à une autre réalité.

Il s'agit d'impressionner et de faire passer un message. L'esprit critique doit donc être muselé, rôle dévolu à une musique grandiloquente typiquement eisensteinienne et à un montage suggestif. On s'aperçoit que couper le son suffit à libérer attention et capacité de raisonnement. C'est pourquoi le montage proposé ici est muet. Chaque emprunt a été inséré sans modification.

Notre propos, alors qu'une bataille est engagée à Fukushima depuis le 11 mars 2011, est mémoriel. Il s'agit de rappeler comment et dans quelles conditions dantesques des centaines de milliers d'hommes se sont battus à Tchernobyl. Aucune allusion à leur destin, maladie et mort, dans ces « documents ». Deux tableaux composés de données officielles ont donc été insérés après une séquence montrant une mise en scène burlesque et sinistre. Ils illustrent avec quelques chiffres terribles les pertes humaines différées de cette guerre d'un nouveu genre.

Goodbye Home et Who Said n'ont pas été utilisés. Le premier car il traite d'une autre conséquence de Tchernobyl, les évacuations, comme un prix à payer pour la sauvegarde (?) des populations. Le second car il donne à croire que la nature est plus forte que la radioactivité avec des vues paisibles de la zone interdite et celle d'une prairie fleurie dont nous apprenons par un zoom arrière qu'elle prospère à quelques centaines de mètres du sarcophage… un grand poncif qui fait fi des innombrables études scientifiques démontrant les dégâts que la radioactivité cause à la flore et à la faune.

Quelques remarques critiques

Nous avons retenu It Has Been comme titre pour notre montage car il s'applique, au premier degré aux événements formidables qu'il montre ou reconstitue, et au second degré à la médiocrité d'une propagande surannée suintant des sept œuvrettes de Rudkovsky et Kirsanov.

1. Reconstitution

Les premières images, sensées témoigner du combat des pompiers juste après les explosions initiales qui avaient incendié les toits de la centrale sont à l'évidence le produit d'une mise en scène. On note en particulier les flammes de cinéma embrasant les vêtements des pseudo-liquidateurs. On sait que c'est une énergie radioactive intense qui a tué les pompiers, et non des brûlures ordinaires.

2. Emprunt

Un gigantesque palan avec ses deux moufles multi-étagés apparaît un court instant entre une scène où des hommes tirant sur des cordes aident à la mise en place d'une structure préfabriquée et la scène suivante où une autre structure préfabriquée est portée par une grue à flèche au dessus du réacteur ruiné. Il s'agit manifestement d'illustrer le début de la construction du sarcophage. Ce palan est absent de toutes les vues panoramiques.

3. Mises en scène

La scène qui suit dans un bunker où un groupe d'hommes surveille sur un écran l'opération exécutée par un grutier est clairement un morceau de fiction réaliste. Le tableau est soigné, avec les visages des acteurs tendus vers la réussite d'une action toute militaire. On remarque que la première vue de l'écran montre un objet différent de la structure sensée devoir être mise en place. La caméra fixe ensuite les visages durant un moment assez long pour suggérer la difficulté de l'opération. Puis durant la rotation de la caméra, passant du groupe à l'écran, il n'a pas été possible d'éviter qu'apparaisse le perchman accroupi sous les écrans tendant le micro vers les acteurs ! L'écran de télévision montre alors fugacement en gros plan la première structure immobile alors qu'immédiatement après les visages s'éclairent d'un sourire comme si on avait assisté en direct à la fin de sa mise en place.

L'épisode de la banderole barrant le chantier suit les plans des camions envoyés par différentes villes d'URSS. Le rapprochement est évident. L'état d'esprit qu'on voulait inculquer aux intervenants s'en déduit. Toute l'Union était abreuvée de cette présentation idéologique des événements. Il s'agissait d'attirer des volontaires en nombre et de soutenir le moral des troupes et des réservistes engagés en première ligne.

Après la présentation triomphale du sarcophage, monstrueux et dominateur en contre plongée, on assiste à une joyeuse séance de signatures. Les liquidateurs se pressent devant un mur qu'ils recouvrent à la craie de leurs signatures. Ils rient, se congratulent, dansent une sorte de sarabande. A un moment l'un d'eux date la séance en écrivant « 1.10.86 ». Ce qui signifie que cette mascarade a été organisée la veille du jour marqué par l'épisode tragique rapporté dans le film Eternal Memory, dédié à l'équipage du Mi-8 qui s'est crashé sur le sarcophage après avoir heurté un câble avec son rotor principal. Ils seraient les seuls morts de toute cette longue bataille si l'on s'en tient à tout ce qui a été montré (celle des pompiers n'est que maladroitement suggérée).

On appréciera la tragique ironie sous-jacente : tout comme les intempéries dégraderont et feront disparaître tous les noms de ces valeureux combattants, les doses qu'ils auront reçues ruineront leur santé et les mèneront prématurément au cimetière.


A. Mousseau à Tchernobyl


La face cachée de Hiroshima

film de Kenichi Watanabe

Voir le film


Low-Dose Radiation-NEW A-Bomb study

,,19 juillet 2012,,

Voir le film


Tchernobyl et Fukushima : terrains d'un chasseur de radiations


Piège Atomique


Nous de Tchernobyl

Wladimir Tchertkoff

Voir le film


Yuri Bandazhevsky et Galina Banzhadevskaia

Wladimir Tchertkoff

Voir le film


Pripyat 1999

sous-titrage en français.

Voir le film


Tchernobyl 4 Ever

Alain de Halleux

Voir le film


Jour après jour (Day after day)


Hommage à Vassily Nesterenko


Le Sacrifice

Voir le film

Le film “Le Sacrifice” a obtenu le Prix du meilleur documentaire scientifique du festival d'Oullins.

voir le superbe texte de Luc Vancheri Docteur de l'EHESS à ce sujet.

Le Sacrifice (synopsis)

synopsis, Emanuela Andreoli et Wladimir Tchertkoff

Des centaines de milliers d'hommes - surnommés “liquidateurs” - ont sacrifié leur santé pour combattre l'incendie de Tchernobyl, construire le sarcophage et réduire, autant que possible, l'ampleur de la contamination. Leur sacrifice a été mal récompensé. La Russie, l'Ukraine et la Biélorussie les ont abandonnés à eux-mêmes. L'occident les ignore.

1986 : c'est la phase d'urgence, celle des gestes simples et chronométrés : courir jusqu'au toit, prendre la pelle, enlever du graphite en comptant jusqu'à 90 et repartir en courant. L'un des liquidateurs explique : “le premier jour, j'ai entaillé le bord d'une dalle. Le deuxième jour, j'ai jeté une dalle de ciment. Ça a duré 5 minutes. Le troisième jour, nous avons démonté un tuyau de ventilation. Et le quatrième jour, j'ai jeté un morceau de graphite.”

1991 : les liquidateurs témoignent de la dégradation de leur état de santé. L'un deux déclare qu'il a tant de maladies qu'il ne peut les énumérer “comme un vieillard de 70 ans” dit -il, alors qu'il n'en a que 35. Les commentaires sont d'une amère lucidité : “Nous dérangeons. Nous sommes un poids, les rebuts de la société”. Les beaux diplômes et les promesses n'étaient que du vent. Pour obtenir un appartement, ils ont dû faire une grève de la faim alors même qu'ils étaient hospitalisés.

1999 : Anatoly, sur un fauteuil roulant, égrène un terrible bilan : “Vodolajsky est mort. Migorock Klimovitch est mort. Lionka Zatouranov est mort. Bref, on est resté, Kolka Verbistsky et moi”.

2001 : calme, digne… mais les larmes aux yeux, l'épouse d'Anatoly évoque le terrible mal des rayons qui a emporté son mari : “Il est resté 6 mois couché puis, on peut le dire comme ça, il s'est décomposé vivant. Tout s'en allait. Le dos tout entier… les os étaient à nu… J'extrayais des résidus d'os qui s'en allaient… de l'os décomposé, pourri.” Les médecins étaient impuissants.

Le bilan officiel de la catastrophe fait état de 31 morts (maintenant il me semble 50). Ce chiffre n'a pratiquement pas varié depuis 19 ans. Or, des 5 liquidateurs cités dans ce documentaire, aucun n'a survécu. Combien d'autres décès ont été oubliés par les registres officiels ? Qu'est-il advenu des dizaines de milliers de morts dont font état les associations de victimes ?

Script du film "Le Sacrifice"

Le sacrifice
de
Emanuela Andreoli
Wladimir Tchertkoff

1986

CENTRALE TCHERNOBYL Devants nous, la cheminée.
À droite, la salle centrale du bloc numéro 4.
Enclenche! Tiens comme ça!

CHACHKOV

J'ai été sur le toit de la Centrale 4 jours. Le premier jour j'entaillais le bord d'une dalle pour l'écoulement de l'eau. Le deuxième jour je jetais une dalle de ciment. Ça a duré 5 minutes. Le troisième jour nous avons démonté un tuyau de ventilation. Et le quatrième jour j'ai jeté un morceau de graphite. J'ai dû le prendre avec les mains et jeter.

COMMENTAIRE

Le graphite et l'uranium répandus sur le toit de la centrale de Tchernobyl, irradiaient jusqu'à 20 mille Röntgen/heure. Un morceau de graphite tenu entre les mains transmettait en une seconde et demie la dose accumulée pendant une vie entière, en condition de radioactivité naturelle. Un million d'hommes, appelés liquidateurs, ont été lancés contre le réacteur, pour le recouvrir avec un sarcophage improvisé en condition de radioactivité terrifiante, et pour effacer les conséquences de la catastrophe partout dans les territoires. Ils ont combattu les radionucléides à mains nues, avec des pelles et des jets d'eau. Des dizaine de milliers sont morts et continuent de mourir.

Les scientifiques soviétiques calculaient que, si l'incendie de Tchernobyl n'était pas éteint pour le 8 mai, le combustible nucléaire en fusion aurait percé la dalle de béton sous-jacente, serait précipité dans le bassin de refroidissement et aurait amorcé une explosion atomique vingt à cinquante fois supérieure à celle de Hiroshima. L'Europe aurait été inhabitable. Le 6 mai l'incendie était maîtrisé grâce au sacrifice extrême des liquidateurs. Mais ils ont été mal récompensés: la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie les ont abandonnés à eux-mêmes. L'Occident les ignore.

1991

GRUDINO

Avant, quand je recevais un diplôme d'honneur, c'était un encouragement. Maintenant je les regarde comme de l'ordure. À cette époque, ils nous promettaient beaucoup de choses. Ils nous les donnaient pour le bon travail sur le toit. Je travaillais sur le toit, et quand je descendais… le colonel nous les donnait.

CHACHKOV

On nous disait comme ça : “Cours comme un chien et fuis comme un lièvre”.

GRUDINO

Maintenant je suis déjà un invalide de seconde catégorie. Les maladies sont si nombreuses qu'on ne peut pas les énumérer. Comme un vieillard de 70 ans, à 35 ans. On nettoyait le toit, parce qu'il fallait recouvrir le sarcophage, et il y avait l'uranium après l'explosion, la graphite des barres. Les robots ne résistaient pas: les instruments fondaient à l'intérieur et les robots s'arrêtaient. Alors, ils ont envoyé les hommes. Nous sortions travailler avec un simple uniforme de soldat. Un filtre de gaze sur le visage et un verre comme un motocycliste. Avec des plaques de plomb, nous coupions nous-mêmes à la hache une protection pour nous recouvrir, parce que le plomb ne fait pas passer les radiations. Nous nous faisions nous-mêmes les vêtements.

NEWS TCHERNOBYL

Des morceaux d'amiante on été déjà décapés.
Vous chargez l'amiante sur la civière,
vous courez à toutes jambes et vous jetez les gravats en bas.
C'est clair?
Un pour charger, deux pour porter.
Arrivé là-bas, vous comptez jusqu'à 90: 1, 2, 3, 4 … jusqu'à 90.
À 90, vous jetez les instruments et vous courez en arrière.
Questions? - Non, tout est clair.
En avant!

GRUDINO

La première fois j'y suis resté 40 secondes. En 40 secondes tu cours là, s'il y a une pelle tu prends la pelle. S'il n'y a pas de pelle, tu prends le morceau de graphite avec les mains. Et avec les mains nous le jetions dans le réacteur.

CHACHKOV

Le premier jour le dosimètre a montré 34 Röntgen, mais ils ont noté 9. Le deuxième jour c'était 30, mais ils ont noté seulement 5. J'ai dit au colonel: “Qu'est-ce que vous faites? Écrivez ce que j'ai pris!” “Allez-vous en! Que je ne vous voie plus jamais!” C'est tout.

KULIKOVSKY

Moi aussi j'ai tâché d'y voir clair. L'effet était immédiat: nausée… une sensation comme ça, pendant que tu marches… Tu ne trouves plus ta place, faiblesse subite.
J'ai travaillé 2 mois sur le réacteur. Comme électricien. Nous assurions l'illumination pendant qu'ils coulaient le ciment, nous grimpions sur le réacteur pour l'installer. J'ai été partout. On m'a inscrit seulement 11,92 Rem. J'ai dit: “J'irai chez le chef, je dirai que ce n'est pas vrai!”. J'arrive chez le chef. Il rit, assis dans son fauteuil: “Remercie d'en avoir tant, sinon on écrit encore moins”.

BOROVSKY

Savtchenko, l'ancien ministre de la Santé, a déclaré qu'ils ont été convoqués par le Premier Rizhkov, qui a dit:“Ce n'est pas secret, c'est super secret : les doses et les information qui concernent la tragédie de Tchernobyl”. C'est pour cette raison que le calcul des doses n'a pas été fait, et si parfois on l'a fait, c'était obligatoirement diminué.

SARAGOVETZ

On m'a dit de mesurer la radioactivité: dans les villages on devait enlever une couche de terre pour diminuer la radioactivité. On m'a donné un compteur. Partout où je mesurais, il se bloquait : il indiquait une radioactivité trop élevée. Pour ne pas voir tout ça, j'ai restitué cet appareil: “Reprenez-le, donnez-moi autre chose”. Ils m'ont donné une grande pelle et je me suis mis au travail. J'ai travaillé très peu avec la pelle. Ils m'ont mis sur un camion-citerne arroseur. Nous avons arrosé les fosses des déchets, les routes. Nous travaillions dans ces villages. Les habitants savaient qu'on faisait un travail inutile. Je demandais, “pourquoi faire ces idioties?” “Ne discute pas. On t'a envoyé là, et travaille”.

BOROVSKY

Nous décontaminions les villages. On décapait la terre avec les pelles, on la chargeait sur les camions à la main. Évidemment la poussière volait sur nous et nous la respirions. Mon état de santé … j'ai une dystonie neurovégétative, une névrose cardiaque, que nous avons tous, les “tchernobyliens”. L'estomac a empiré. Je souffre beaucoup de l'estomac. Je suis tombé malade des reins, alors qu' avant je n'avais rien aux reins. J'ai de légères altérations psychiques. Je suis irritable, sans compter l'épuisement, bien sûr.

SARAGOVETZ

À peine je suis rentré, en octobre, tout à commencé. En novembre j'ai perdu la sensibilité de la main gauche, puis du bras gauche, puis du côté gauche, puis les jambes se sont paralysées. Ils ne savaient pas quoi faire. Ils ne reconnaissaient pas la cause radiologique. J'allais travailler. Je conduisais le trolleybus et je ne disais rien, parce que je devais nourrir la famille. Je conduisais avec une main et un pied. Jusqu'au jour où j'ai perdu connaissance et on m'a amené à la maison. Maintenant je ne peux pas marcher. J'ai des vertiges, mais ce n'est rien… ce sont les jambes. Elles ne marchent plus. À la maison je me tiens au mur.

BOROVSKY

En tant qu'officier, j'ai pu observer que les hommes étaient conscients que c'était une tâche importante: “Oui, nous sommes en train de sauver”. Et nous comptions que nous ne serions pas oubliés non plus. Mais il s'est avéré que nous sommes inutiles. Nous sommes un poids. Nous dérangeons parce que nous demandons. Nous demandons simplement un traitement humain.

SARAGOVETZ

On nous a dit qu'on nous visiterait tous les 6 mois. Maintenant 6 mois sont passés et personne ne s'intéresse. Ni les médecins, ni personne. Nous sommes les rebuts de la société.

NEWS TCHERNOBYL

À vous aussi, si sympathique, je vous décerne ce diplôme.
Je vous souhaite santé, bien-être… et de continuer avec entrain!

SARAGOVETZ

Je ne faisais que tomber, et tomber.
Ma femme m'a dit: mets-toi dans le fauteuil roulant. Je m'y suis mis, et voilà. Je suis de fauteuil roulant. Que sais-je?

Se souvenir fait mal. Il vaut mieux ne pas le faire. Le soleil brille dehors, il fait beau. Sinon, si tu te souviens, c'est tout un cauchemar. Il vaut mieux ne pas se souvenir. “C'était il y a longtemps et ce n'est pas vrai”. Je voudrais simplement demander, s'il y a des gens à l'étranger, qui aimeraient, je ne sais pas… m'aider à trouver une voiture. Même d'occasion, une quelconque. Seulement pour pouvoir sortir dans la nature. Parce que comme ça, sans la nature, c'est difficile. Un cauchemar. Je voudrais tellement. Je sais que c'est un rêve sûrement irréalisable. Mais…

J'était couché comme une planche sur le lit. Le chien arrive et me regarde. “Pourquoi tu me regardes?” Je lui dis : “Hau!” Il pense, soit l'homme est devenu fou… ou qui sait? Il est parti. Il est allé à la cuisine. Puis il revient encore. “Qu'est-ce que tu as? Hau!”. Il est de nouveau reparti. Il retourne la troisième fois. Moi,“Hau!”. Lui, “Hau!”. “Voilà, nous avons bavardé tous les deux”. Un cauchemar. L'homme est fichu, c'est tout. Il ne reste qu'à se résigner à tout. L'âge est encore jeune, mais… Pratiquement 38 ans. On peut même dire 60, quelle différence?

Moi, désormais, je me suis résigné… durant ces années de Tchernobyl.
Vodolajsky est mort. Migorok Klimovitch est mort. Lionka Zaturanov est mort. Bref, on est restés Kolka Verbytsky et moi. Des cinq qu'on était, je suis resté comme… un corbeau blanc, un divers. Je ne sais pas. C'était vrai, mais on dit comme ça: “Il y a longtemps, et ce n'est pas vrai, et ne crois à personne”. Il vaut mieux ne pas se rappeler ces temps… Avant j'étais un homme. Avant je marchais. Avant je conduisais la voiture. Mais maintenant ni de ci, ni de là.
Il doit exister quelque chose. Je ne pense pas avoir tant péché devant Dieu, mais…
Je ne sais pas… normalement. Un cauchemar.

2001

VEUVE

Nous nous sommes mariés en '83 et en '86 il était déjà à Tchernobyl. C'est alors que les difficultés ont commencé. Il était tout le temps sur les registres des hôpitaux. Ensuite son bras gauche s'est paralysé, puis la jambe gauche. On lui disait: “Tu fais semblant, tu fais l'imbécile”. Mais quand un homme ne peut plus marcher… c'est quoi? Il trébuchait, il tombait, plus d'une fois. Les médecins disaient:“Tu as pris froid quelque part. Tu fais le chauffeur et tu as pris un courant d'air”. Mais, en réalité c'était une tout autre maladie. Tchernobyl est une tragédie qui n'est pas encore comprise jusqu'au bout. Ce mal des rayons est pratiquement incurable, et on fait des expérimentations sur ces malades. Il est resté couché six mois, après quoi… on peut le dire comme ça: il s'est décomposé vivant. Tous ses tissus on commencé à se décomposer, au point que les os iliaques étaient visibles. Je le soignais moi-même, en suivant les recommandations du médecin. J'allais voir la doctoresse et elle m'expliquait ce qu'il fallait faire. Comme ça, jusqu'au moment où le cœur s'est arrêté.

Tout s'en allait… Le dos tout entier… les os étaient à nu. L'os de l'articulation du fémur pouvait être touché avec la main. J'introduisais ma main couverte d'un gant, et je désinfectais l'os. J'extrayais de là… des résidus d'os qui s'en allaient, de l'os décomposé, pourri.

Il a empiré, de façon brusque, je ne sais pourquoi. Nous avons interrogé le médecin, nous avons consulté un professeur. Nous nous sommes adressés à tous ceux que nous pouvions interroger. Ils ont dit: “Nous ne connaissons pas cette maladie. Nous pouvons aider pour diminuer la souffrance”, des choses comme ça. Mais devant cette décomposition de la moelle osseuse ils restaient interdits. Ils ne pouvaient pas aider.

Il demandait de mourir rapidement, pour que ces souffrances cessent. Il disait que ça faisait très mal… Quand je le retournais d'un côté sur l'autre, parfois il serrait les dents, d'autres fois il gémissait. En réalité il ne criait pas, il supportait. Il avait une grande force de volonté.
Ma fille a un déplacement des reins. Le fils bégaie un peu et il a des problèmes aux yeux.

FILLE

Un rein a descendu et il fait mal.

VEUVE

Je pense que c'est une tragédie pas seulement pour nous, mais pour toute la Biélorussie, parce que… comme ça, pour rien, des êtres humains. Surtout les personnes qui ont aidé là-bas, qui ont fait tout ça et d'un coup, ensuite, on les a complètement oubliés. L'appartement aussi, d'ailleurs, a été arraché par une grève de la faim. Cet appartement, où nous vivons. Mon mari avait été hospitalisé et là ils ont revendiqué leurs droits en faisant la grève de la faim. Pour obtenir l'assistance. Parce que, quand on les recrutait, on leur faisait de grandes promesses. Ils promettaient des appartements, des crèches pour placer les enfants. Et ensuite, tout cela a disparu comme dans le néant.

C'est très douloureux. Cela fait mal d'y penser, de regarder tout cela. On ne comprend pas pourquoi. Oui. Il pouvait parler de tout avec n'importe quelle personne. Il pouvait faire parler la personne qui l'approchait de n'importe quel thème.
Il était facile de vivre avec une telle personne. Qui pouvait tout comprendre. Et qui a tout donné à la vie.
Il y a des gens qui sont tranquilles, ils vivent. “J'ai”, et c'est tout. “J'ai ceci, j'ai cela” et ça suffit. Mais lui, il avait besoin d'autre chose dans la vie. Il tendait vers quelque chose. Toujours plus loin… Il était pressé de vivre.

Quand nous l'avions déjà enterré, pratiquement un an après, on nous a téléphoné de l'Association de Tchernobyl pour avoir des nouvelles de mon mari. Nous avons dit qu'il était mort. Ils ne le savaient même pas.

Il a dit: “Dieu m'a concédé de vivre 13 ans après Tchernobyl”, ça veut dire que c'était une grande chose pour lui. Sinon comment… comment expliquer qu'il ait résisté si longtemps? Ici, les hommes mouraient tout de suite. Vodolajsky, notre bon ami, colonel, pilote d'hélicoptère, est mort pratiquement tout de suite, et exactement comme lui. Il avait exactement les mêmes phénomènes de décomposition de l'organisme. Il a survolé lui-même le réacteur, il y était avec ses soldats qui recouvraient le sarcophage. Il écartait les soldats qui étaient en service avec lui, il les écartait des vols, il pilotait lui-même… Il comprenait à quoi cela mène.

2003

COMMENTAIRE
Le 15 décembre 2000 le dernier réacteur en fonction à Tchernobyl, a été définitivement fermé. Mais à l'intérieur du sarcophage, figés comme une lave, il y a 200 tonnes de combustible nucléaire éparpillés dans différents locaux, qu'il faudra extraire dans les prochaines années. Le programme des travaux prévu pourra durer un siècle. Des équipes de spécialistes surveillent et documentent la stabilité du bâtiment 24 heures sur 24, en contrôlent les fissures et veillent sur le niveau d'humidité pour que ne se produise pas une réaction en chaîne. Des révélateurs de radioactivité, introduits à proximité de l'uranium 235, ont signalé, à deux ou trois reprise, la présence de neutrons. En présence d'une masse critique d'uranium et d'humidité, les neutrons peuvent faire démarrer la réaction en chaîne et provoquer l'explosion. Le monstre de Tchernobyl respire encore.

SARAGOVETZ

C'était il y a longtemps et ce n'est pas vrai. Un cauchemar.

images et son
ROMANO CAVAZZONI

montage
EMANUELA ANDREOLI

réalisation
EMANUELA ANDREOLI WLADIMIR TCHERTKOFF

production
FELDAT FILM - SUISSE

© Feldat.- Film 2003


Controverses nucléaires

Voir le film

English subtitles :

Voir le film

La version sous-titrée en japonais est visible sur le site Ringono.com,

Controverses Nucléaires

synopsis, Emanuela Andreoli et Wladimir Tchertkoff

Ce film atteste qu'au cœur de la civilisation occidentale, riche et technologiquement avancée, un crime scientifique programmé se perpétue depuis 25 ans sous de hautes responsabilités, dans l'indifférence générale et la désinformation.

Le lobby nucléaire et la médecine officielle condamnent sciemment des millions de cobayes humains à expérimenter dans leur corps des pathologies nouvelles dans le vaste laboratoire des territoires contaminés par Tchernobyl.

Le film révèle l'existence d'un conflit d'intérêts entre deux Agences des Nations Unies, directement responsables de la gestion des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl pour la santé des populations contaminées. Un accord signé en 1959 entre l'Organisation Mondiale de la Santé et l'Agence Internationale pour l'Énergie Atomique empêche l'OMS d'agir librement dans le domaine nucléaire, si elle n'a pas l'assentiment de l'AIEA. Formée de physiciens et non de médecins, cette dernière, dont l'objectif principal est la promotion des centrales nucléaires dans le monde, est la seule Agence qui dépende directement du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle impose son diktat à l'OMS, dont le but, exprimé au Chapitre I de sa Constitution, “est d'amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible”. Les deux Agences ne reconnaissent jusqu'à présent que la mort de 54 pompiers des premières heures de la catastrophe, 200 cancers causés par irradiation aiguë et 2000 tumeurs à la thyroïde comme conséquences de l'accident de Tchernobyl.

Par contre, le Bureau des Nations Unies pour les Affaires Humanitaires partage l'avis de Kofi Annan, qui estime à 9 millions les victimes et affirme que la tragédie de Tchernobyl ne fait que commencer.

Ces faits et ces contradictions ont éclaté à la Conférence internationale sur les conséquences médicales de la catastrophe de Tchernobyl, organisée à Kiev en juin 2001 sous l'égide de l'OMS, dont les travaux ont été filmés intégralement. Au cours de débats houleux, la caméra a enregistré la colère des fonctionnaires des Agences pro nucléaires des Nations Unies, qui, menacés dans leur pouvoir par les révélations des conséquences sanitaires de la catastrophe, nient la gravité de la contamination radiologique et font obstacle aux publications des chercheurs et des médecins qui les confirment. Les données et les recommandations de radioprotection, que les chercheurs indépendants présentent avec courage et compétence, sont écartées avec dédain et arrogance. On refuse de les discuter.

L'importance de cette conférence résidait dans l'adoption d'une résolution finale, dont les recommandations constituent la base pour les décisions des gouvernements dans le domaine de la radioprotection. Conformément à la ligne maintenue par l'OMS et l'AIEA, les rédacteurs de la résolution finale n'ont pas mentionné les nouvelles données scientifiques, qui, en contradiction avec la thèse officielle, montrent que les faibles doses dues au césium137 incorporé dans l'organisme détruisent progressivement les systèmes et les organes vitaux.

Un physicien et un médecin ont eu le courage de dénoncer ouvertement le délit de non assistance aux populations en danger. L'un, Vassili Nesterenko, a eu la carrière cassée, mais continue sa bataille indépendante dans les villages contaminés. L'autre, Youri Bandazhevsky, au lendemain de la conférence a été jeté en prison, condamné par un tribunal militaire à 8 ans de goulag. Amnesty International l'a adopté comme prisonnier d'opinion. Un département et douze villes de France, dont Paris, lui ont décerné la citoyenneté d'honneur. La communauté scientifique internationale, à l'exception de quelques voix isolées, refuse le dialogue avec ces deux scientifiques.

PS. Le chercheur Youri Bandajevsky a été libéré en 2005 grâce au travail de multiples associations occidentales. Expulsé de son pays il se trouve maintenant à Kiev où il a lancé avec le soutien des Verts du Parlement européen le projet d’un Centre de coordination et d’analyse « Écologie et Santé » pour le traitement des conséquences sociales et sanitaires de l’accident de Tchernobyl. Il espère un financement de l’Union Européenne.

L’académicien Vassili Nesterenko est décédé le 25 août 2008 après deux années de luttes contre les autorités de Minsk, qui n’ont pas réussi à fermer son Institut indépendant de radioprotection «Belrad». Son fils Alexei a repris la direction. L’institut continue son travail avec les enfants contaminés du Bélarus et transmet aux habitants japonais condamnés à vivre dans les territoires de Fukushima une méthode efficace de radioprotection éprouvée en plus de vingt ans d’expérience à Tchernobyl.


Blessures Atomiques

A propos du film “Blessures Atomiques”

Le Docteur Hida a vu le champignon atomique de Hiroshima. Il a soigné les irradiés survivants du flash et les a vu mourir de maux inconnus alors. Mais il a vu aussi des personnes qui n'avaient pas été irradiées directement pas l'explosion mourir peu après des mêmes maux. C'est resté pour lui incompréhensible pendant trente ans.

Toutes les données concernant ces malades et morts des retombées (car c'était de cela qu'il s'agissait) ont été confisquées par les américains, et tous leurs organes retirés durant les autopsies.

Pour cette raison les séquelles officielles d'Hiroshima et Nagasaki ne portent que sur la relation dose-effet du flash. Elles sont la seule source des recommandations de la CIPR. Tout le baratin au sujet des doses internes a été conçu au début des années 50 pour donner l'illusion de recommandations sérieuses et permettre le lancement de vastes programmes de production d'électricité atomique. Personne, tant côté radioprotection qu'industrie atomique n'était prêt à attendre que des études approfondies sur les effets des doses internes soient terminées. Personne…, sauf quelques rares hommes honnêtes, c'est-à-dire courageux, qui ont dénoncé cette forfaiture scientifique. parmi eux le Professeur Sternglass témoigne longuement. On pourrait aussi citer les Professeurs Goffman et Karl Morgan dont les publications ont nourri les débuts de la contestation nucléaire mondiale dans les années 60-70.

Yves Lenoir


    Shuntaro Hida



Le film de Marc PetitJean, est accablant

Voir le film


Fukushima, un an après

Georges Baumgartner (Frédéric Charles en France) a pu retourner sur les lieux de l’accident et pénétrer dans la zone des 20 km.

Voir le film


Adhérez / Donnez Boutique ETB Aide à la Navigation Contact-Nous Information Légales